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Trump lance sa plus virulente diatribe contre le Canada jusqu’à maintenant

Le président américain, Donald Trump, a livré une autre attaque verbale contre le Canada — sa plus virulente jusqu’à maintenant. M. Trump s’est plaint des échanges commerciaux avec le Canada dans trois domaines : le bois d’oeuvre, l’énergie et les produits laitiers.

 

Le président a indiqué qu’il en aurait plus long à dire au sujet de la négociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) d’ici quelques semaines, mais a laissé entendre qu’entre-temps, il allait durcir le ton. « Nous ne pouvons pas laisser le Canada ou qui que ce soit d’autre profiter de la situation et faire ce qu’il a fait à nos travailleurs et à nos fermiers », a lancé M. Trump dans le Bureau ovale. « On inclut dans cela le bois d’oeuvre et l’énergie. Nous devrons nous asseoir à la table des négociations avec le Canada très, très rapidement. »

 

Les détails auxquels il faisait référence demeurent nébuleux. En ce qui a trait à l’énergie, l’accord actuel garantit aux États-Unis un pourcentage fixe de la production de pétrole canadienne, sans frais d’importation. Pour ce qui est du bois d’oeuvre, les faibles prix du bois canadien ont permis de réduire les coûts des propriétés aux États-Unis, mais ont du même coup provoqué la colère de l’industrie américaine, qui accuse le Canada de faire du dumping.

 

M. Trump s’est montré plus clair au sujet des produits laitiers. Ses critiques lancées plus tôt cette semaine dans le Wisconsin étaient sans contredit dirigées vers les récentes modifications à la classification du lait, et non vers l’enjeu à plus long terme du système de gestion de l’offre canadien. « Le Canada, ce qu’il a fait à nos producteurs de lait, c’est disgracieux. C’est disgracieux, a-t-il avancé. Les règles, les réglementations, différentes choses ont changé — et nos fermiers du Wisconsin et de l’État de New York sont forcés de cesser leurs activités. »

 

Au moment où ils s’apprêtent à amorcer des négociations sur le commerce cet automne, les États-Unis examinent la possibilité de poser d’autres gestes qui auront un impact au Canada. Les États-Unis discutent ainsi de la possibilité d’imposer une taxe frontalière qui pourrait durement toucher certains produits importés, dont le pétrole canadien, source d’approvisionnement énergétique majeure au sud de la frontière. Des décisions sont également attendues dans les prochaines semaines concernant les taxes sur le bois d’oeuvre canadien, un autre volet de la querelle qui divise une fois par décennie les producteurs canadiens et américains.

 

Trudeau réplique

 

Justin Trudeau a rappelé jeudi que les États-Unis, comme bien d’autres pays, subventionnent leur industrie laitière et agricole à hauteur de plusieurs millions de dollars — si ce n’est de milliards. Le premier ministre du Canada a promis de continuer à protéger les producteurs agricoles — et notamment le système de gestion de l’offre — lors de futures négociations avec Washington. « N’ayons pas la prétention que nous sommes dans un marché libre lorsqu’il est question d’agriculture », a déclaré M. Trudeau en entrevue avec l’agence américaine Bloomberg, juste avant que son homologue américain ne lance sa nouvelle salve contre le Canada. « Tous les pays protègent, pour une bonne raison, leur industrie agricole. Et nous avons un système de gestion de l’offre qui fonctionne très bien ici au Canada. […] Les Américains et d’autres pays ont choisi de subventionner, pour plusieurs centaines de millions de dollars, sinon de milliards de dollars, leur industrie agricole, incluant celle des produits laitiers. »

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