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Réseau express métropolitain: la Caisse écarte Bombardier Transport

Exclue du projet de Réseau express métropolitain (REM) par la Caisse de dépôt et placement du Québec, la division ferroviaire de Bombardier n’aura bientôt plus de travail pour ses travailleurs québécois.

 « Il nous reste un an de travail à La Pocatière. Après la livraison des trains Azur du métro de Montréal, il ne reste plus rien, pour l’instant », a reconnu sans ambages le porte-parole de l’entreprise, Éric Prud’Homme, en entrevue au Journal

« C’est un moment de déception, on analyse la situation », a-t-il ajouté. 

La Caisse de dépôt a dévoilé l’identité des consortiums qui construiront et opéreront le REM, jeudi, et ce, après des mois de retard. 

La Caisse admet qu’elle a dû repousser à plusieurs reprises le choix des consortiums, en raison des coûts proposés par les soumissionnaires qui n’étaient « pas acceptables ».

C’est la Québécoise SNC-Lavalin qui ressort grande gagnante du processus d’appel d’offres. Elle figure au sein du groupe d’entreprises chargé de la construction des stations et de l’installation des rails, en plus de faire partie du tandem qui fournira les 200 voitures de train du réseau, avec Alstom. 

Les firmes Pomerleau, EBC, Dragados, Aecon et Aecom font aussi partie des entreprises choisies pour bâtir les stations et les rails. 

Du contenu local

En tout, « environ » 65 % du REM sera fourni par des entreprises québécoises ou des filiales d’entreprises étrangères installées au Québec, selon les calculs de la Caisse. 

Mais comme la construction des voitures ne compte que pour un cinquième du projet, il est fort possible qu’Alstom, qui détient une usine en Ontario, construise les voitures ailleurs.

Plusieurs organismes et les partis d’opposition avaient pressé, sans succès, la Caisse d’inclure un minimum de contenu québécois dans le projet de REM.

Quel avenir pour La Pocatière ?

Les options sont limitées pour Bombardier Transport, qui a décroché de nombreux contrats lucratifs au cours des dernières années aux États-Unis. Ces projets doivent toutefois être réalisés en sol américain pour respecter les politiques Buy American, a rappelé M. Prud’Homme. 

L’entreprise a assuré avoir fait une offre très concurrentielle pour répondre aux besoins de mobilité durable de la région de Montréal. 

Des efforts qui n’ont toutefois pas porté leurs fruits. C’est le deuxième contrat du genre qui échappe à Bombardier Transport en moins d’un an à Montréal. L’Agence métropolitaine de transport a en effet accordé à un groupe chinois la construction de ses nouveaux trains de banlieue.

Du côté des employés syndiqués, on tente de rester calme face à l’annonce de jeudi. Mais le coup est dur. 

« Des contrats d’envergure comme ça, il n’y en aura pas tous les jours. Les employés ont un sentiment profond de déception. On aurait été capable de consolider de bons emplois », a résumé Mario Guignard, le représentant des travailleurs de Bombardier à La Pocatière. 

Couillard rassurant

Philippe Couillard a toutefois tenté de calmer le jeu. 

« Il y aura d’autres projets pour La Pocatière, je vais veiller à ça », a-t-il affirmé.

« Je souhaite que Bombardier ait le contrat [de prolongement du métro] puisqu’il faut de la continuité avec les wagons du système Azur. [...] On sait déjà que pour la ligne bleue prolongée, le même contrat de gré à gré va s’appliquer. »

« Il y a d’autres projets encore. Comme celui de nouveau métro de la mairesse de Montréal », a-t-il poursuivi. 

Des propos qui tranchent avec ceux tenus il y a quelques semaines à peine par le premier ministre, qui s’était bien gardé d’appuyer directement le projet de ligne rose.

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