Voulez-vous faire de la publicité? Appeler au numéro sans frais: 1-888-377-2222

La série «Big Little Lies» de Jean-Marc Vallée primée aux Golden Globes

Est-il trop tôt pour en rire ? Telle est la question qui dut hanter l’humoriste Seth Meyers, chargé d’animer la cérémonie des Golden Globes alors que, partout dans l’industrie cinématographique et télévisuelle américaine, les agresseurs sont dénoncés et mis au ban.

C’est que depuis plusieurs années, les Golden Globes s’imposent comme le pendant détendu et festif des certes plus prestigieux mais surtout plus guindés Oscar. Aux Golden Globes, l’humour est non seulement privilégié, il est incisif et satirique envers la faune hollywoodienne. D’entrée de jeu, Meyers a donné le ton en lançant : « Good evening ladies and remaining gentlemen ».

 S’en est suivie une enfilade de one-liners grinçants à souhait dans lesquels le proverbial éléphant dans la pièce — qu’il se nomme Harvey Weinstein, Kevin Spacey, Brett Ratner, Dustin Hoffman ou Bryan Singer — fut dûment identifié. À chacun son tour de devenir « objet » — de ridicule, en l’occurrence.  

La liste des invités rendait en outre compte d’un désir de donner une visibilité à des femmes militantes, en conviant notamment à la fête Tarana Burke, instigatrice en 1997 du mouvement « Me Too », devenu #MeToo (ici #moiaussi).

Productions en phase  

Nombreuses étaient les fictions nommées cette année, petit et grand écrans confondus, traitant en filigrane des iniquités et agressions dont les femmes sont souvent victimes. On n’est pas près d’oublier les scènes de violence conjugale dans Big Little Lies.

Dans Feud, série sur la rivalité entre les stars vieillissantes Bette Davis et Joan Crawford, on révèle comment les studios alimentaient eux-mêmes les conflits entre vedettes féminines à des fins publicitaires avant de « jeter » celles-ci, contrairement à leurs partenaires masculins.  

The Marvelous Mrs Maisel, pour laquelle Rachel Brosnahan a gagné le Golden Globe de la meilleure actrice catégorie « série – comédie », met pour sa part en scène une mère célibataire qui perce le milieu macho de la comédie dans le New York des années 1950.

On pense aussi, évidemment, à la dystopie The Handmaid’s Tale, désignée meilleure « série – drame ». Pour mémoire, l’action est campée dans un futur proche où les femmes sont propriété de leurs patrons, de leurs époux, de l’État.  

Dans le film The Post, de Steven Spielberg, nommé parmi les meilleurs films, Meryl Streep est Kay Graham, une femme qui, bien que propriétaire du Washington Post, bataille pour faire entendre sa voix dans un milieu journalistique mâle sur fond de Pentagon Papers.

Avec son personnage de mère (Frances McDormand) qui secoue les autorités afin que justice soit rendue à sa fille violée et assassinée, Three Billboards Outside Ebbing, Missouri participe de la même tendance. Le film a remporté les Golden Globes du meilleur drame, du meilleur scénario, de la meilleure actrice et du meilleur acteur de soutien.  

Temps forts

Les rires n’ont par ailleurs pas éclipsé des moments sentis d’émotion et de réflexion. Sacrée meilleure actrice catégorie « série – drame », Elisabeth Moss y est allée d’un vibrant hommage à Margaret Atwood, auteure du roman à l’origine de la série The Handmaid’s Tale. Toute de noir vêtue à l’initiative du mouvement Times’s Up, à l’instar de l’ensemble des célébrités présentes, la comédienne a déclaré :  

« Margaret Atwood a écrit : “Nous [les femmes] n’étions pas dans les histoires qu’on imprimait, nous vivions dans les marges blanches et les espaces entre les histoires.” Margaret Atwood, ce prix est pour vous et pour toutes les femmes qui, avant et après vous, ont parlé contre l’intolérance et l’injustice, et qui se sont battues pour l’égalité et la liberté dans ce monde. Nous ne vivons plus dans les marges blanches, nous ne vivons plus dans les espaces entre les histoires : nous sommes dans les histoires qu’on imprime, et nous écrivons les histoires nous-mêmes. »

En recevant le prix de la meilleure actrice de soutien catégorie « série limitée ou téléfilm », Laura Dern, qui joue dans Big Little Lies une mère trop terrifiée pour dénoncer les abus que subit sa fille, a rappelé :  

« Plusieurs d’entre nous ont été élevées à se taire. C’était une culture du silence normalisée. »

Vibrant plaidoyer  

Cette année, les Golden Globes ont choisi d’honorer Oprah Winfrey, pionnière méritante s’il en est, en lui remettant le prix Cecil B. DeMille. Elle est la première femme noire à le recevoir.

« Je veux que toutes les petites filles qui regardent ce soir sachent qu’un nouveau jour pointe à l’horizon. Et lorsqu’il se lèvera, ce sera grâce à une multitude de femmes magnifiques, dont plusieurs se trouvent ici même dans cette salle avec quelques hommes assez phénoménaux, qui se battent fort afin de devenir les leaders qui nous mèneront vers ce jour où plus personne n’aura à dire “moi aussi”», a conclu la grande prêtresse de la télé devant une assistance galvanisée.

views : 35 | images : 1 | Bookmark and Share


Enter your comment below